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Maggy DE COSTER, poèmes inédits

avril 24, 2020
A mots rompus


J’épuise mes mots à écrire sur les espaces d’ombre
Qui occultent les vérités
Non révélées

Comment déconstruire les mots
Pour résoudre l’énigme des maux
Non vocalisés ?

Et ne pas labelliser le silence
Dans le champ spectral
Des heures creuses ?

Le dit de la nuit décoiffe
Les rêves des poètes
Mais leur offre le silence en offrande
Pour des moissons d’avenir

Ne suis-je point l’héroïne
De cette épopée méconnue
Et par le temps travestie ?

Au large des chimères
Vogue le voilier à la voile déchirée
D’un pécheur en déshérence

Et au jardin de mes rêves
S’acclimatent les herbes folles,
Vestiges des heures folâtres



***
Un silence de plomb
Voile la plaine endormie
Où s’abritent tant de suspicions
Sur les rêves des oiseaux de passage
Demeurés suspendus aux ramures

Roide est la montée de la sève
Dans les veines de la terre
Et le vent de mars
Me fouette le cœur neige saignante
Dans la danse des alizées
Je parcours en longueur la planète
Et à chaque étape
Je parodie la mer dans sa version éclatée

Dans quelle typographie trouverai-je
La partition des animaux perdus
Dans les arcanes des saisons déréglées ?



***
La puissance seigneuriale s’étend sur la mer
Où murmurent nos désirs qui sommeillent
Encore quelques instants
Comme dans une prison de verre
Où la misère étreint l’abandonné
Face à son destin

Amis vous qui passez près de la clairière
Ne maudissez pas l’héritier en errance
Captif des paroles et serments propagés à tort et à travers
Écoutez la voix désarmée des pèlerins
À genoux sur l’autel des bourreaux

Laissez couler à flot le breuvage arc-en ciel
Aux innocents exsangues assoiffés de longue date
N’attendez pas la fin du jour
Pour éteindre le feu qui dévore
De part en part les colonnes suprêmes

Lâchez prise et laissez s’évanouir dans les abîmes
Les effets pervers des secrets bien gardés
Un nouveau jour naîtra comme un salto
Dans le champ des possibles

L’aube écarte la nuit
Comme une main puissante
Repousse un avatar
Pour laisser entrer la lumière
Dans les zones d’ombre
Où la beauté se voudrait pérenne
J’entends le rire des sape-joie résonner
Dans la salle des pas perdus
Quand je cherchais une réponse à donner
À ceux qui avancent à grands pas dans la citadelle
Je crois que le vent n’effeuillera pas la fine fleur
De la bonté mais transportera dans ses plis
Liberté et délivrance aux martyrs

Moment intense chassant la persistance de l’inquiétude
Le jour s’oppose à la nuit mais pour combien de temps ?

Reviendra-t-elle étendre son spectre sur la ville
Comme en terrain conquis ?
Une sentinelle réclame la permanence de la lumière
Et rêve que le jour ne fléchisse pas
À la faveur des ténèbres.
Le rideau ne doit pas tomber



***
Comme les mortels d’un univers glacé
Le soleil se cache dans le gris
D’un matin monotone
Sans avoir l’aumône d’un regard
La terre, prostrée dans le manteau
D’un jour frileux
Abreuve les grosses gouttes d’une pluie incessante
La nuit ouvre ses portes aux rêves in-tranquilles


Triste euthanasie de la terre


Comme on cuve son vin
La forêt cuve les neiges d’hiver
Et la végétation engourdie
Troque sa chevelure contre la désolation
Que le printemps mettra en déroute
Les espèces florales de leurs cendres renaîtront
Et des émules elles se feront

La moisson ne dessert pas la rosée
Encore assoupie sur les squelettes
Des arbres de la forêt immobile
Les étoiles se voilent d’indifférence
Face aux éclats fébriles de la lune
Les salves du vent viennent décoiffer
Les poissons épaves des océans ensachés
Et des bouches cousues des sirènes
S’échappent des râles de désespoir

Les hippocampes de leur frêle carrure
Tentent de défier les vagues troublées
Qui s’en vont mourir sur le rivage
En embrassant le sable flirtant avec les rayons solaires
Mais les pieuvres et les étoiles de mer
Se mettent à l’envers sur l’avers de nos regards atterrés

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