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Vincent, choix de textes

mars 22, 2020
à ce qu’il parait

les os se brisent et les masques se fissurent
ils sont venus et ils ont pris ton cœur et ils se sont amusés avec ton corps
avant de casser tout le verre à l’intérieur
tu sais bien à quoi rêvent les joueurs et déjà la dernière fois
tu avais dit plus jamais
tu t’étais promise de ne plus tomber dans le piège
mais c’est comme ça
lui ou un autre, les noms et les visages n’ont plus d’importance
tu ferais mieux de prendre un flingue et de tirer sur des canettes de bière vides
tu ferais mieux de prendre un poignard et t’entrainer à éventrer les fils de pute
mais les larmes sont une réaction plus saine et naturelle
à ce qu’il parait
toi comme moi, nous avons du mal à le croire
à ce qu’il parait


des fois je parle à des filles qui existent loin de moi

Elle aussi m’écrit
elle aussi est cassée par la vie, par le temps et un homme qui ne l’a jamais regardée
elle aussi me demande ces trucs sales qui sont dans mes poèmes
elle mouille, se doigte, veut me sucer

d’autres demandent ça
d’autre hésitent
d’autres ne veulent pas en entendre parler

et je dis « ok, ca c’est le truc le plus cool qui me soit arrivé »
ces femmes et leur ventre affamé de choses qui claquent, mots et caresses
elles veulent boire mon foutre et jouir sous mes coups de queues et que
je le dise comme ça

et je joue le jeu, sois ma pute, je me branle pour toi
parce que pour elles comme pour moi, l’amour n’existe pas
nous sommes assis sur le bord de la piste de danse à attendre un verre à la main
et les mouches patientent au plafond, un jour nous leur appartiendront
et nos âmes immortelles seront parées de lumière dit-on
mais elles comme moi savent bien que nous ne sommes que
des acrobates vieillissant sur la piste du cirque cruel qu’inventa un Dieu fou
pour se distraire l’hiver

des fois je parle à une fille qui n’existe plus dans mon monde et elle aussi n’a aucune raison
de me
pardonner

Oh Bébé
j’ai salement niqué ton cœur de bitume
avec mes humeurs de goudron
mes nauséabondes habitudes
tu te dois de me détester mais il convient alors d’oublier
que tu m’as choisi

et celles qui me voient disent que je suis fou et laid
et ce sont d’autres qui les baisent et les brisent et sèment les éclats de verre
sur le chemin solitaire

les femmes comme l’argent, n’ont jamais été faciles
et d’ici, je trouve étrange de voir les premières se réduire en cendres
pour des hommes qui n’ont jamais rien su connaitre d’elles

ma tueuse aimait s’occuper de mes ongles de mains
de mes ongles de pieds
elle épilait mon nez et mes aisselles à la cire chaude
et je la laissais faire en souriant
et cela fait si longtemps que je ne suis pas tombé amoureux
d’une pute
et maintenant
les corbeaux sont de retour
ils picorent ma santé mentale
et je supplie dieu de m’octroyer une petite chatte à lécher ce soir, une petite chatte parfaite
mais cela fait bien longtemps qu’une pute n’est pas tombée amoureuse de moi
ceci explique cela
et le reste aussi
peut-être
(chute énigmatique, je ne sais pas (d)écrire de belles choses)


l’autre pervers avait raison

Un jour ou l’autre pupuce
Tu vas nous pondre un roman
Un truc qui prendra les tripes
Y aura du cul, de l’amour, des mères indignes
Des fous géniaux, des suicidés, des fantômes
Dans le cœur, des types qui boivent trop
Et qui regardent des photos de filles nues
La main sur leur bite
Des poètes désespérés et des poétesses
Assoiffées de sexe qui ne se croisent jamais
assez
Ou rien de tout ça
Parce que c est toi qui décides
Parce que tu y auras mis tout ton cœur
Et ce que tu voudras et ça brillera
Même après qu’on gratte le vernis
Et ça fera la différence
Et tu danseras sur les vagues
Sous les applaudissements de la lune
Et tu pisseras debout dans la bouche
De tout ceux qui t’auront freiné
Et tu diras merde à ton passé
Parce que tu auras changé le chemin
Qu’on te prédisait
Et tu enfonceras un doigt dans le cul
Des enculés, à ton tour de te la jouer
Un peu fils de pute gangsta, ce sera ton
Heure, ton moment, ta vie qui atteint un
But fixé
Ouaip, tu vas le faire et quand ce sera fait
tu t’assoiras avec un verre de vin blanc
dans un jardin un soir d’été
Et tu te diras putain, c’était pas si dur
Mais c’était pas simple non plus
C’était juste de la volonté
Et n’écouter personne
C’était juste écrire
Et écrire encore
et tu diras fais chier, l’autre pervers avait raison
et je me marrerais quand tu me le raconteras
et je te dirais bravo
puis j’irais me branler sur des photos de filles nues
parce que je suis comme ça
et que je n’aurai rien d’autre à ajouter
toutes tes cassures, toutes tes fêlures auront pris un sens
et ça ne changera rien, ça ne réparera rien
mais ça aura valu le coup
tous ces trucs qui te brûlent


Vincent est un sale type né en 1970 qui vit à Clermont-Ferrand. Il a publié chez peigneurs de comètes et mgv2publishing ainsi que dans diverses revues. Il alimente régulièrement son blog (mapoesieetpaslatienne.blogspot.fr), il a cessé depuis peu d’œuvrer à la réconciliation de la Russie et de l’Amérique en buvant des quantités astronomiques de vodka cola et les majuscules et la ponctuation l’emmerdent.


mapoesieetpaslatienne@gmail.com

Vous pouvez retrouver Vincent sur
Facebook

Instagram

Son Blog : Ici

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