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Deux textes de Jos Garnier

mars 14, 2020
marche funèbre en des profondeurs où jamais rien n’est compréhensible à présent le regard occupé comme d’ordinaire se détachant exactement de la poussière du réel réinventer la foudre medium de la perte trouble d’une mémoire d’écriture ce pourrait être rassurant cette participation modulable à toute intervention pacifique mais frigorifiée dans l’intra-veinaire on s’ignore jusqu’au mal déchu arbitrairement pelisse des temps obscurs qui s’emprunte contre le ventre glacial des absences permanentes première et imaginaire route détourée en buée monotype l’appel des dehors nous chamboule sifflante exagération des arbres parallèles comme support de traîne les couleurs s’échappent en guise de plainte un soleil se voudrait rassurant assurerait réchauffer le coeur en lames un soleil dans un ciel bleu de peintre se glisserait en palimpseste décidé à arrondir la moelle émotion ce qui reste des barres d’acier se fondrait aux natures désertes fixées aux ébauches incertaines des croquis surpris malgré nous malgré eux un contre-chant exactement fidèle se relèverait d’impatience à tenir un jour de plus sans s’alerter juste comme aimanté ou scotché aux peines visibles un double engrenage parvient à hisser les langueurs ramène par-dessus les plaies un bout de vaste deuil à effranger soupèse les ratures pour en faire des nappes à carreau gris et or où encore un peu de rouge suinte par vertu oblitération des gestes du quotidien comme parvenu à se défaire d’une bimbeloterie en branle soudain aspirée puis concassée par mille clameurs sur le rebord d’une terrasse on a déterré toutes ces feuilles sans forme ni odeur pliées par instinct avec juste ce qu’il faut de douceur ou d’anémie un geste de très loin intégralement le moment parfait en dehors ces rapprochements très beaux des poumons depuis toujours pas très juste les textures découpées déjà vues une paresse aussi manuelle des gestes d’origine cette histoire entre les drapés du regard des capteurs en veille immédiate un grand bouleversement de ce qui disparaît perdu dans une matière zéro jusqu’au blanc


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quelquefois c’est moins épais ça tire moins la langue saugrenue bouffée d’ersatz qui se mâchouille sans manières préférentielles à moins que ça tire droit contre la bêtise et l’insuffisance d’esprit on en redemande une portion allongée sur le socle des vanités paresseuses on est touché à la pointe des reins là où s’abandonnent les fluides du coeur sauvagerie éclipsée pour un instant incandescent hors limites cette affreuse solitude que l’on enserre jusqu’à la passion électrique passivité encavée malgré nous en dehors de nous on se surprend à feindre l’impatience boule de rien comme un poing fermé dont on lisse l’aigreur on se mettrait dans ces bras là on s’y réchaufferait sûrement si on y mettait l’index à tâter pour voir si c’est du vrai du solide du qui vous maintiendrait la colonne ces bras qui vous embarqueraient pour une danse à l’envers comme dans les musettes monochromes avec juste ce qu’il faut de flou au bord des lèvres la nuit enrage de ne pouvoir rattraper ces maigres rêves décalqués au feutre doux le corps se clipse au drap par la force éteinte obturée d’un palais de glace et toujours sur mes doigts la dissolution de l’horizon sans sommeil peut-être dès le matin je vois la déchirure de verre la tendresse vendue au labyrinthe du silence il faut comprendre l’expérience de l’amour embourbé sans fin sans un mot malheureux comme si on pouvait follement à deux savoir la couleur des flammes silex inviolé de peur contre le rien troué ou foudroyé du quotidien poison ou même l’innocence du petit jour sans paysage traversée invisible nous sommes éphémères à chaque battement

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