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Olivier Areski, poèmes

septembre 21, 2012

Tag Und Nacht

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Taches de nuits et de nacre
Tisons éteints comme des flaques
Les bas noirs des femmes
aux si longues jambes
s’éparpillent sur les trottoirs
s’unissent en de larges sourires.
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Nacht Und Tag

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Taches de nuits et de nacre
Que tu ramasses derrière leurs épaules
En fuite sur le pavé de marbre blanc
Que tu saisis.
Taches d’oubli
étendues sur leurs bras
qui parsemaient leurs vies.
.
.
.

Variation sur un film d’Antonioni.

.
Je te vois disparaître

à l’angle d’une rue hantée par

aucune personne

bâtie sur un ancien sentier désertique

il me semble que l’asphalte se souvient

qu’il n’a jamais rien été d’autre…

Ton rouge à lèvre coule

sur un réverbère hautain

il vient se figer et empourpre

le vent qui emporte tes cheveux

avant qu’ils ne viennent se figer

en haut des marronniers

aux bras contorsionnés

comme de maigres girouettes désaxées

Mais dis sommes-nous encore en plein centre de Milan

pas un klaxon ne vient réveiller

cette torpeur printanière qui glisse

devient une mélodie diaphane

étalée sur plusieurs jours

belle et monotone à force

pas un sanglot ni le moindre frémissement

par ici

les parcs sont des cimetières

les parkings des auberges abandonnées

régnant sur les avenues

ces vallées étroites aux roches métalliques

toujours aussi mal bétonnées

Sous un arbre à la nuit tombée

seuls tes cheveux s’élancent encore

autour des sapins

tu étais pourtant si vivante

quelques heures avant

plus vivante encore

que sous mon corps et mes caresses

d’un geste mal assuré,

je tente de caresser ton cou

ma main glisse sur ton dos

glisse

cascade continue

sur un parquet sans aspérités

un sol fendu comme ta jupe

celle où tes jambes se croisaient en me souriant

pendant que toi

tu continuais à me reprocher

mes lointains manquements

mes vains renoncements

depuis mon absence trop longue
.
.
.

Expériences visuelles

.
D’un geste lent mais décidé

J’ai chassé le soleil noir

Qui bavait sur mes journées d’attente

D’un simple haussement d’épaules

Je suis parti

Nu vêtu

d’un simple stylo bille

et d’une caméra Super 8

pour filmer les spasmes

de ta lassitude et de ta longue volupté
.
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.

Le Western de l’Apocalypse

.

Pour Sam Peckinpah

Un mythe se défait

pendant que l’on écrit l’histoire

D’un lieu qui n’en a jamais possédé de véritable.

Reste le lent ressac de vagues envolées pleines de sable,

Projetées, enfouies,

sur le théâtre de la conquête de l’Ouest,

un écriteau : A vendre !

Seriez-vous preneur ?

Des desesperados aux formes évanescentes

Se regroupent, s’attroupent peu avant l’aube.

Leurs visages sont indistincts

Leurs silhouettes en tous points comparables

A celles qui habitent l’humanité fantomatique

des longues toiles du Greco.

Du sang, de l’alcool déjà frelaté,

Des outlaws et des danseuses

Aux regards également putassiers

Composent un ballet hypothétique

Une Apocalypse où tout finit par de la poussière.

L’unique étoffe du désert a défait les héros.

Reste un requiem sur lequel tu viens poser

Une étoile de shérif toute ébréchée.

A Billy the Kid, Pat Garett a succédé.

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