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Kenneth White dans sa maison des marées

septembre 12, 2012


Kenneth White dans la bibliothèque de sa maison à Trébeurden.

Kenneth White dans la bibliothèque de sa maison à Trébeurden.

Écrivain en Trégor. Grand auteur d’origine écossaise, français d’adoption, il a élu domicile sur les hauteurs de Trébeurden.
C’est sans doute l’écrivain le plus atypique du Trégor, auteur d’une oeuvre très diverse mais en même temps très cohérente. Cette oeuvre abonde en idées et en concepts, dont l’un des premiers fut « le monde blanc ». Cela venait entre autres sources de son lieu natal, l’Écosse (en celtique Alba, le pays des hauteurs blanches) et la notion est un de ses leitmotivs. « La maison que j’habite est une vieille bâtisse en granit et en schiste située sur les hauteurs de Trébeurden, indique-t-il. Je l’ai baptisée « Gwenved », un vieux mot breton qui signifie « terre blanche ». Dans les « Triades de l’île de Bretagne », on lit :Dans le cercle de Gwenved, l’âme trouve trois choses : la puissance première, la mémoire première, l’amour premier. »

Le créateur de la géopoétique

Kenneth White est le créateur internationalement connu de la géopoétique : son domicile est aussi le siège de l’institut international de géopoétique qui a des centres dans une dizaine de pays : la France, l’Écosse, la Suède, l’Italie, l’ex-Yougoslavie, le Canada, le Chili… Mais qu’est-ce que la géopoétique ? « Ce n’est pas la communication entre l’homme et l’homme qui compte, mais la communication entre l’homme et le cosmos : mettez les hommes en communication avec le cosmos et ils communiqueront entre eux. »

Le rapport avec la terre, avec le lieu où l’on vit est primordial. Tout se tient dans la pensée de KennethWhite, pour qui le rapport entre l’être et le milieu est fondé sur une interpénétration de l’un dans l’autre et doit être mu par ce qu’il appelle une poétique et que l’on pourrait appeler une dynamique.

Dans le but d’agrandir sa sensation du monde et des cultures, Kenneth White pratique aussi ce qu’il appelle le nomadisme intellectuel : « Je rôde autour du monde à la façon dont un chat rôde autour de son territoire, écrit-il. Je me sens celte, mais contrairement à Renan, je ne sens pas la culture celte comme fondée sur l’imaginaire et repliée sur elle-même : je la sens au contraire ouverte au monde et en phase avec le cosmos, avec les éléments : que ce soit Chateaubriand, Renan lui-même, Céline (à moitié Breton) ou Ségalen, les grands écrivains celtes le prouvent tous. J’aime la Bretagne, que je sens, non pas comme une région, mais comme un microcosme. J’en pars et j’y reviens suivant la dialectique entre errance et résidence. »

L’esprit voyageur et casanier

« J’ai à la fois l’esprit voyageur et l’esprit casanier », conclut-il dans un grand éclat de rire. Il existe trois types de livres de Kenneth White : les poèmes, les essais théoriques et les récits de voyages.

Parmi les premiers, à lire : « Un monde ouvert » (poche, poésie/Gallimard), pour les deuxièmes : « Le plateau de l’albatros » (Grasset), sur la géopoétique et dans la troisième catégorie : « La route bleue » (Grasset), un voyage au Labrador, « La maison des marées » (Albin Michel), sa vie dans le Trégor. Entre autres prix (Prix Médicis étranger, prix Bretagne…), White a reçu le Grand Prix du Rayonnement français de l’Académie française.

Ouest-France  

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