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Jean-Luc Lamouille, poèmes

juillet 23, 2012

Voler le présent

Un avion noir
en blouson de cuir
dans les canaux de Bruges.

Bruegel, en terre d’asile.

Un arlequin
criblé de rouille
derrière l’American Airline terminal.

Mon coeur est une montgolfière.

John Kennedy airport.
Dallas s’envole,
le ventre ouvert.

Memphis, ton blues a le spleen.

Stand-by.
Fuir.
Vite.

Où?


Rejeter l’histoire

Jéricho
m’étonna,
de vaisseau
en cathédrale,
présentées,
immolées
sur la tombe
espérée
d’un immémorial
état.

L’aube souffle
des terrasses carrées
les symboles immobiles,
vite évaporés.

Le passé gèle ses filets
autour du bandonéon solitaire.

Il est minuit depuis si longtemps…

Une certaine idée de l’amour

J’aurais voulu être aimé
par une perle de sang

inutile
provocatrice

et néanmoins femelle

J’aurais pu aimer
une femme de sang

inutile
provocatrice

et pourtant perle

J’aurais aimé
aimer
une idée

Dans la cuisine apaisée

L’aïeule a étalé ses cartes postales sur la table de bois .
La Loreley, Cuba, notre montagne enneigée, des calligraphies arabes, un
bouquet de fleurs anniversaire, le boeuf de l’ancêtre,les vieilles halles de
Paris…, une mémoire recréée dans le ronronnement du poële.

Je me perds dans une vue du début du siècle, où les bateaux en noir et
blanc poussaient leurs limites autant que leurs machines sur un lac
déguisé en blanc et en noir.

Il m’a suffi, lors de cette veillée, de me noyer dedans pour oublier
les champs de lavande du Ventoux,
les voies aériennes des Dolomites,
les dunes rouges de Timimoun.

Le lendemain matin, seul un morceau de carton blanc flottait encore
en s’enroulant autour du ponton brisé.

Rue d’Argent

Je remplacerai ton désespoir
par des cocottes en papier
sur lesquelles tu dessineras
le dépassement de toutes les fleurs.

Je vivrai, écorce tendre,
à l’écoute des feux
où tu brûleras
les déchirures malades.

Tu embaumeras l’eau
de la vasque aux écritures,
et je me dresserai devant ta nudité
contre l’idée déformée par la ville.

Tu m’étreindras
une veille de solstice…
sur la neige d’une bruyère…
à la Saint-Jean…

Tu m’étreindras
quand il te plaira.


Né en 1951, ce haut-savoyard d’origine piémontaise, décroche son diplôme de Sciences Po et un troisième cycle d’économie. Quatre années en Algérie l’interrogent sur la réalité de l’histoire coloniale et le mythe d’un socialisme introuvable. Le rêve antillais s’efface, de la Barbade aux Etats-Unis, le long d’un parcours semé de questions sans réponses.

Il lance, à l’Institut d’Administration des Entreprises, des stages de création d’entreprise pour chômeurs, puis intègre la fonction publique . Il la quitte pour exercer la profession de consultant au sein d’une entreprise de conseil en gestion
de la qualité. Il se met en congé de son activité professionnelle pour écrire .

Il a fondé une association de défense des chômeurs et participé à la création de la boutique de gestion de Grenoble. Il est l’auteur de livres dans les domaines économique, juridique et social, statistique .

Animateur d’une lettre poétique, l’Arme de l’écriture, il collabore avec des revues de littérature et de poésie en France et à l’étranger.

Il dit souvent que les années passées en Algérie sont les plus belles de sa vie


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