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Pascal Pratz, poèmes

juillet 11, 2012

Souvenir en brun

Certains matins,
je me souviens d’autres jours,
ceux de mon enfance,
les jours en brun,
mon père absent
qui n’en reviendrait pas,
ma mère accablée
la faim qui nous tenait,
la mort tout autour
qui tombait parfois du ciel
mais vous guettait aussi
au coin de la rue
le temps du brun,
celui des copains
qui s’en allaient,
étoile au coeur,
le kaki partout,
les hurlements des chiens
ceux des hommes tout autant
ce temps qu’on croyait
si loin
et qui, pourtant,
semble s’en revenir,
tout doucement,
le temps du brun.
.
.
.

La rose OU le réséda

.
Rose je suis née
un matin de printemps`
lentement éclose
au soleil levant
sur mes pétales velours
la rosée s’est posée
pour mon tout premier jour
la nature m’a fêtée
ouvrant mon coeur au vent
j’épanouis mon vase
quelque insecte errant
y vient pour son extase
et, en parcourant ma corolle,
en innocence me reproduit
prépare le jour hélas inscrit
où graines tomberont au sol
et puis s’en vient le soir
premier soir de ma vie
et, geste obligatoire,
je referme mon huis
mon coeur souffre déjà
de cette fermeture
au monde que ma joie
impose comme fêlure
au lendemain matin,
de nouveau, mon corps s’ouvre
mais mon espoir est vain
aucun oeil ne me couvre
pourquoi vivre en ce lieu
si c’est pour n’être vue
jardinier où es-tu
qui me couverait des yeux?
Aux troisièmes matines,
la rosée, certes, est là
ainsi que l’astre diurne
mais d’yeux, non pas
Rien que toiles et brise
et, dès la fin du jour,
l’un de mes liens se brise
et je perds un atour
Au lendemain du doute,
mes feuilles se plaignent toutes
et, bien obligée du sort
peu me suffisent encore
Au sixième, j’expire
mes pétales me quittent
mon dénuement empire
Et rien ne me reste
je meurs, tige sinistre
sans le regard d’aucun
sans son admiration, dans le chagrin
du rêve de n’avoir pu naître
Réséda
.
.
.

Je voudrais crever

je voudrais crever avant d’avoir un cancer
je voudrais crever avant que mes jambes ne me portent plus
je voudrais crever avant la sénilité
je voudrais crever avant la fin programmée du tabac
je voudrais crever avant d’avoir la tremblote
je voudrais crever avant d’être aveugle
je voudrais crever avant mes enfants
je voudrais crever avant la dernière baleine
je voudrais crever avant les insomnies
je voudrais crever avant d’avoir eu du succès
je voudrais crever avant d’être ruiné
je voudrais crever avant de devoir marcher avec une canne
je voudrais crever avant d’avoir froid
je voudrais crever avant que la France soit devenue un parc disney géant
je voudrais crever avant de me voir flasque dans le miroir
je voudrais crever avant de devoir arrêter le pinard
je voudrais crever avant la fin des abeilles
je voudrais crever avant la quatrième
je voudrais crever avant la victoire de la bêtise
je voudrais crever avant tous mes amis pour ne pas aller à leur enterrement
je voudrais crever avant le retour du fascisme
je voudrais crever avant toi
je voudrais crever avant d’être vieux.. Trop tard!… Mais j’aurais aimé
je voudrais crever avant qu’on ait encore trouvé la solution
je voudrais crever avant la réélection de Napoléon
je voudrais crever avant qu’on ait décidé que les humains sont décidément trop nombreux
je voudrais crever avant d’avoir alzheimer
je voudrais crever avant d’avoir connu l’inéluctable libidinosité des vieillards
je voudrais crever avant d’avoir l’envie de jouer au loto
je voudrais crever avant de faire sous moi
je voudrais crever avant les pilules “viande” ou “salade”
je voudrais crever avant la retraite à 70 ans
je voudrais crever avant l’espoir de tout changer
je voudrais crever avant la fin de l’école
je voudrais crever avant que l’équipe de France ait encore gagné un hochet
je voudrais crever avant la victoire de l’écologie telle qu’on la conçoit aujourd’hui
je voudrais crever avant que ne soit tari l’oued au bord duquel j’attends le cadavre de mon ennemi
je voudrais crever avant qu’on ait oublié Aragon
je voudrais crever avant la victoire des fraises tagada
je voudrais crever avant qu’on m’ait greffé mon téléphone
je voudrais crever avant que le monde ait compris en quoi la France d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec ce qu’elle paraît être
je voudrais crever avant que mes piles ne soient vides
je voudrais crever avant l’idée même de révolution
je voudrais crever avant de puer du bec sans arrêt
je voudrais crever avant de me renier
je voudrais crever avant la fin de la pensée
je voudrais crever avant la fermeture des musées
je voudrais crever avant la justice nulle part, la police partout….
je voudrais crever avant d’avoir besoin d’un sonotone
je voudrais crever avant que toute notre société ne ressemble à “on achève bien les chevaux”…..
je voudrais crever avant d’avoir gagné mes combats….
je voudrais crever avant d’avoir connu la reconnaissance de tous ceux que je conchie aujourd’hui
je voudrais crever avant d’avoir vu “ça”
je voudrais crever avant ……

Et merci à Boris……

.
.
.

Volutes

Je fume,
tu en grilles une,
il ou elle clope,
nous nous droguons,
vous consommez de l’herbe à Nicot,
elles ou ils pétunent…

Et alors?…..
.
.
.

.
.
.
Version non définitive, en cours de dernières corrections, vous devriez en entendre parler par là assez rapidement.

Un extrait ici

Recuerdos (en couleur) – Illustrations de Cathy Garcia
Editions du Petit Véhicule – 45 pages- 11€
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