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Heather Dohollau, poèmes

juillet 11, 2012


Le ciel passait
Par dessus les murs
Des jardins.
Chacun découpait
Son drap du jour
L’air fut bruissant d’anges
Mitoyens.
Des autres
J’avais connaissance
Par le ciel.

extrait de « Seule Enfance » revue Solaire 1978
.
.
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La maison de la vie

[…]
Je cherchais le réel
Hors la fuite des heures
Les lieux du mirage
Mais ce fut le cercle
Instable du présent
Qui livrait le monde
Ce fruit de l’air
Il suffisait de se retourner
Et de regarder comme dans un berceau
Le vide ourlé du temps
De se pencher sur la blancheur
Et de croire aux couleurs
A la mer réelle des marées
A la vie de la mort
….
Quelle maison est la mienne ?
Une qui m’attend derrière le mur du jour
Ou loin en arrière au coeur d’une rue
Dans une ville autre et la même
Ou celle dont chaque instant est le seuil
Ces fleurs là-bas sur une table
Dans un bruissement de porte

Pages aquarellées Folle Avoine 1989
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Hölderlin à la tour

Les oiseaux intermittents
Les champs toujours là en face
Les mots voltigent, reviennent
Le touchent, il tend la main
Et les pose doucement
Les uns à côté des autres
Ils disent les choses très simples
Comme la musique
L’eau est calme
L’ombre de l’oiseau surprend
Les jours sont longs
Comme au début de la vie

A partir d’un moment d’une extrême
simplicité il ne faut plus espérer

Seule enfance Solaire 1978 ; Folle Avoine 1996
.
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La tempesta

Une capeline blanche
Improbable aux épaules
Une femme allaite
Là où tout va de soi
Les tours se penchent
D’une longue lumière
À l’instant de l’éclair
Et elle nous tient à jamais
Où nous sommes : debout
À la fenêtre de son regard
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Ce qui est là dans le là
Point à la ligne
Retour insurgé
D’un seuil de blanc
Et distance conçue
Comme parcours sans bord
Mais vrillé dans l’espace
D’une voie étroite
Main courant dans le temps
De l’arc-en-ciel
Chaque couleur a sa place
De simple appui

L’instant est le creux
Où tombent les choses
Ourlées de lumière
Bercées de l’ombre
Par la fenêtre
Le bleu se loge aux yeux
Les livres habitent leur marge
Et blanc sur noir
En créent un singulier
De présences réelles
Venus de loin
Les tableaux montent aux murs

Heather Dohollau, Le point de rosée, Folle Avoine 1999, p. 14.
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Sur le papier tout dort
Mais la main éveille
Oiseau qui passe
Détachant dans le jour
La présence pure

Neige de l’être
Qui fond
Où les couleurs affleurent

Errements de l’œil
Sur les pentes du visible
Bleu du ciel

Se posant dans un souffle
Sur le corps de la beauté

Cézanne

Heather Dohollau, in Pages aquarellées, Folle Avoine 1989, page 11.
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LES SOURCES

Sa faufilant plus bas
Leur musique clôt
Un cadre d’espace
Nous maintenant au bord
De ce qui tombe
La maison dans leurs bras
Persiste et signe
Le droit à l’éphémère
De ce qui dure
Un leurre de lumière
Brille et se sauve

Heather Dohollau, La Terre âgée, Folle Avoine, 1996, p. 79
.
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Source : Poezibao
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Heather Dohollau, poète galloise d’expression française, est née à Treherbert au pays de Galles en 1925.
Engagée dans la Women’s Land Army pendant la guerre, elle vit en France depuis
1947. Après avoir suivi des cours aux Beaux-Arts de Paris de 1947 à 1948, elle
a élu domicile en France depuis de très nombreuses années et vit actuellement
en Bretagne.

Bibliographie (tous les livres édités par Folle Avoine)


La Venelle des Portes, 1981, ( frontispice Tanguy Dohollau )
réédition en 1996 avec Seule Enfance publié initialement aux
éditions Solaire en 1978. 
La Réponse
, 1982, ill. par
T.Dohollau.

Matière de Lumière, 1985. ( frontispice T.D )
Dans l’ile, 1985, réédition 1988. ( frontispice T.D )
l’Adret du Jour,1989. ( frontispice T.D ) Prix
Claude Sernet
Pages Aquarellées, 1989
Les portes d’en bas, 1992. ( frontispice T.D )
La Terre Agée, 1996. ( frontispice T.D )
Les cinq jardins et autres textes, 1996. (essai
sur Rilke, Segalen et Trakl )

Le point de rosée. 1999
Le dit des couleurs, 2003
Une suite de matins, 2005


Toutes les oeuvres sont publiées aux Editions Folle Avoine, une très
belle maison d’édition dirigée par Yves Prié.
On peut lire un très bel ensemble
sur Heather Dohollau
, rassemblé par Ronald Klapka, sur le site remue-net, à
l’adresse suivante :
Le site de l’éditeur d’Heather Dohollau, Folle Avoine

La fiche
de Heather Dohollau
dans la Poéthèque du Printemps des poètes
Le programme du
colloque de Cerisy sur Heather Dohallau
juin 2005
Le
musicien Anthony Girard
a écrit sur des poèmes de Heather Dohollau
Une
note de lecture de Jean Marie Perret sur Bleu de Paille (une suite de matins)

Le
site de Tanguy Dohollau,

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