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Jean Daive, poèmes

juillet 4, 2012


Extrait 1
.
L’ampoule
………..au-dessous du plafond

si je suis l’enfant qui la regarde

plutôt qu’au-dessus de la table

comment
………….ne pas obliger la mémoire

à la remplacer par un horizon
plus inaugural ?

.

L’ampoule allumée
éclaire aussi faiblement qu’un pain
posé dans la pièce.

Le réel des yeux est là
dans une pénombre qui se dissout

pleine de gaz et pleine de perles
éblouies d’éclats très chauds.

les choses apparaissent
négligemment
comme de la respiration assistée.

Une chaise près de la table, une femme
avec un homme
et un homme très seul, une enfant
dans le lit
.

Parce que les lèvres bleuies, glacées sont une contagion

ce que voient les yeux
tout autour de l’ampoule

presque
contre le ciel éclairé
l’air inégalement occupe des volumes de peur
entre les meubles
les ombres et les étoiles

comment soudain
la même ampoule les remplit-elle de camphre

remplit-elle

………….une seringue

de son horizon
plus inaugural ?
.

Une survie est comptée
pulse
le dernier monde terrestre
dans les veines

jusqu’au cœur
.

Jean Daive, « Les Pavés inégaux », Onde Générale, Flammarion, 2011, pp. 99 à 102.
.
.
.
Le monde est maintenant visible
.
Le monde est maintenant visible
entre mers et montagnes.

Je marche entre les transparences
parmi les années
les fantômes
et le matricule de chacun.

Les pierres
les herbes sont enchantées.

Tout se couvre
jusqu’au néant
de pétroglyphes.

Je compte les mâts
penchés près du rivage.

À perte de vue, la prairie des cormorans
car chaque maison est un navire
qui se balance.

Plutôt le crime ou plutôt
la mort des amants ou
plutôt l’inceste du frère
et de la sœur ou ―

je prends le temps
de manger une orange.

Dans ces moitiés d’assiettes et
autres fragments trouvés
avec pierres taillées, dessinées ou peintes
masse de cailloux, graviers avec sable
mesurent un site
une ville que j’explore
avec l’énergie d’un oiseau.
.
.

Jean Daive, L’Énonciateur des extrêmes, Nous, 2012, pp. 39-40.
.
.
.
La consolation
.
Lorsqu’elle agrafe
son collier

le dimanche

de toutes les perles
qu’elle a portées
vient
la consolation.
.
(Jean Daive)
.
.
.
Encyclopédiste, reporter,
photographe, traducteur, poète, Jean Daive est né le 13 mai 1941. Il publie son premier livre, Décimale blanche au Mercure de France en 1967. Il a traduit notamment Paul Celan (Strette, 1971) et Robert Creeley (La Fin, 1997). Il a été un créateur de revues très actif avec Fragment, fig. et Fin. Producteur à France Culture, il anime de puis de nombreuses années l’émission « Peinture fraîche »

bibliographie
Décimale blanche, Mercure de France, 1967 et 1976
Fut bâti, Gallimard, 1973
L’Absolu reptilien, Orange Export Ltd, 1975
…», avec Antoni Tàpies, Maeght éditeur, 1975

N,M,U, Orange export Ltd., 1975
1,2 de la série inaperçue,
Flammarion, 1976, réédition 2007
Le Jeu des séries scéniques, Flammarion, 1976, réédition 2007
Le cri-cerveau, Gallimard, 1977
Imaginary Who pour B.N. et 12 postes de radio, Givre éditeur, 1977
Tapiès, répliquer, Maeght Éditeur, 1981

Narration d’équilibre, 4 volumes, P.O.L., 1982-1990
Un transitif, Spectres familiers, 1984
Un Clavier de timbres, Avec/Royaumont, 1985
Si la neige devenait plus blanche, …., avec Jean-Michel Alberola, Avec/Royaumont, 1987
Propositions d’été induites par des énoncés d’hiver, Fourbis, 1989
La Condition d’infini, 4 volumes, P.O.L., 1995-1997

Exercices (avec un labyrinthe de Pablo Palazuelo), Bruxelles-Berlin, Camomille éditeur, 1998
Choses Graduellement Bang (avec des bois gravés de Jan Voss), Dutrou éditeur, 1999
Trilogie du temps, 4 volumes, P.O.L., 1999-2001
Le Méridien de Cznernowitz, Paris-Tübingen, les Conférences du Divan, éditions Isele, 2000
Si nous n’étions perdus nous serions perdus, Maeght, 2001
Anne-Marie Albiach l’Exact Réel, Eric Pesty éditeur, 2006

Le grand Incendie de l’homme, Le Seuil, 2007
Le Jeu des séries scéniques, réédition, Flammarion, 2007
1, 2, de la série non aperçue, réédition, Flammarion, 2007
Une femme de quelques vies, Flammarion, 2009

Traductions

Strette et Autres Poèmes de Paul Celan, Mercure de France, 1971, 1990 & 2001
La Fin, poèmes de Robert Creeley, Gallimard, 1997
L’Espace d’un jeu de Johannes Poethen, édition bilingue de huit poèmes accompagnée de deux lettres de Paul
Celan, Verlag Ulrich Keicher, 1998

Sur
le site du cipM

Sur le site de P.O.L
Un article de Jean-Patrice Courtois sur le site de Prétexte
La
présentation de l’émission « Peinture Fraîche » de Jean Daive sur le site de France Culture

Sur le site de l’éditeur Eric Pesty
sur Poezibao, note
de lecture de Anne-Marie Albiach
l’Exact réel (par Olivier Goujat)

Présentation de
la revue Fin sur le site d’Ent’revues


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