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Benjamin Fondane, poèmes

mai 31, 2012


Préface en prose (1942)

 

C’est à vous que je parle, hommes des antipodes,

je parle d’homme à homme,

avec le peu en moi qui demeure de l’homme,

avec le peu de voix qui me reste au gosier,

mon sang est sur les routes, puisse-t-il, puisse-t-il

ne pas crier vengeance !

L’hallali est donné, les bêtes sont traquées,

laissez-moi vous parler avec ces mêmes mots

que nous eûmes en partage –

il reste peu d’intelligibles !

 

Un jour viendra, c’est sûr, de la soif apaisée,

nous serons au-delà du souvenir, la mort

aura parachevé les travaux de la haine,

je serai un bouquet d’orties sous vos pieds,

– alors, eh bien, sachez que j’avais un visage

comme vous. Une bouche qui priait, comme vous.

 

Quand une poussière entrait, ou bien un songe,

dans l’œil, cet œil pleurait un peu de sel.

Et quand une épine mauvaise égratignait ma peau,

il y coulait un sang aussi rouge que le vôtre !

Certes, tout comme vous j’étais cruel, j’avais

soif de tendresse, de puissance,

d’or, de plaisir et de douleur.

Tout comme vous j’étais méchant et angoissé

solide dans la paix, ivre dans la victoire,

et titubant, hagard, à l’heure de l’échec !

 

 

Oui, j’ai été un homme comme les autres hommes,

nourri de pain, de rêve, de désespoir. Eh oui,

j’ai aimé, j’ai pleuré, j’ai haï, j’ai souffert,

j’ai acheté des fleurs et je n’ai pas toujours

payé mon terme. Le dimanche j’allais à la campagne

pêcher, sous l’œil de Dieu, des poissons irréels,

je me baignais dans la rivière

qui chantait dans les joncs et je mangeais des frites

le soir. Après, après, je rentrais me coucher

fatigué, le cœur las et plein de solitude,

plein de pitié pour moi, plein de pitié pour l’homme,

cherchant, cherchant en vain sur un ventre de femme

cette paix impossible que nous avions perdue

naguère, dans un grand verger où fleurissait

au centre, l’arbre de la vie…

 

J’ai lu comme vous tous les journaux tous les bouquins,

et je n’ai rien compris au monde

et je n’ai rien compris à l’homme,

bien qu’il me soit souvent arrivé d’affirmer

le contraire. Et quand la mort, la mort est venue, peut-être

ai-je prétendu savoir ce qu’elle était mais vrai,

je puis vous le dire à cette heure, elle est entrée toute en mes yeux étonnés,

étonnés de si peu comprendre

– avez-vous mieux compris que moi ?

 

Et pourtant, non !

je n’étais pas un homme comme vous.

Vous n’êtes pas nés sur les routes,

personne n’a jeté à l’égout vos petits

comme des chats encor sans yeux,

vous n’avez pas erré de cité en cité

traqués par les polices,

vous n’avez pas connu les désastres à l’aube,

les wagons de bestiaux

et le sanglot amer de l’humiliation,

accusés d’un délit que vous n’avez pas fait,

d’un meurtre dont il manque encore le cadavre,

changeant de nom et de visage,

pour ne pas emporter un nom qu’on a hué

un visage qui avait servi à tout le monde

de crachoir !

 

Un jour viendra, sans doute, quand le poème lu

se trouvera devant vos yeux. Il ne demande

rien ! Oubliez-le, oubliez-le ! Ce n’est

qu’un cri, qu’on ne peut pas mettre dans un poème

parfait, avais-je donc le temps de le finir ?

Mais quand vous foulerez ce bouquet d’orties

qui avait été moi, dans un autre siècle,

en une histoire qui vous sera périmée,

souvenez-vous seulement que j’étais innocent

et que, tout comme vous, mortels de ce jour-là,

j’avais eu, moi aussi, un visage marqué

par la colère, par la pitié et la joie,

 

un visage d’homme, tout simplement.

 

(L’exode 1942)

 

 

Avons-nous avancé assez dans l’apparence

assez vu cette vie couler, couleur de vitre,

nous nous sommes blessés aux choses d’outre-monde

portes fermées, ô visions –

 

c’est la même chanson stupide et décevante

le même espoir avec des sources dans la voix

a même inexplicable envie d’un sanglot

dont on ne sait que faire.

 

Tous ces cheveux tombés et ces cils et ces ongles

laissés derrière nous, veux-tu qu’on s’en souvienne,

La nuit est là. Le monde meurt,

et la forêt est pleine de craquements nouveaux.

 

 

Ces choses anciennes dont on ne parle plus

quelques-unes d’hier et d’autres

jetées dans les égouts avec les vieux mégots

– vécu jeté aux quatre vents

nous avançons ensemble, il fait hiver, il gèle

ensemble il nous faudra engendrer l’avenir

ensemble nous tendons la main, la Seine coule

que sommes-nous ? Le vent m’emporte

n’êtes-vous que des fables comme tout ce qui a

été, oh ! choses à peine croyables. Et pourtant

un temps viendra où moi je ne serai

qu’une fable une sorte absurde de secret

mythique, existence qui exista, où donc ? en quel siècle ?

La Seine coulait en ce pays

elle charriait encore des cadavres, des dieux

et quelques vieilles, vieilles superstitions étranges

 

Nous n’avons rien à dire aux ombres

qui ont cherché refuge en nous

elles parlent si bas qu’on ne les entend pas

elles parlent une langue étrangère, inconnue,

elles donnent des fêtes énormes

et parfois en ouvrant une porte

sur un escalier sans issue

un air nous envahit, délicieux, absurde,

qui n’est certes de nulle part.

 

****

Ce n’était pas de l’étonnement, mais peut-être

une sordide angoisse

qui m’avait fait pousser dans ce faubourg d’orties

juste au moment où l’on y ramassait le ciel.

Je n’y avais jamais été que je sache

je ne pouvais savoir s’il existait vraiment

en avais-je rêvé ?

mais je savais maison par maison tous les noms

des habitants et leurs commerces,

le nom des gosses et ceux de leurs anges gardiens

– je m’y intéressais surtout

à une femme enceinte qui devait loger là

ou à quelque émigrant revenu d’Amérique –

– je n’étais pas fixé…

l s’attachait à eux je ne sais quelle idée

qu’il me fallait tirer au clair

de trésor enfoui, d’enfances fabuleuses,

de meurtres impunis

et d’une fin du monde absolument MODERNE.

 

*****

 

II y eut autrefois des choses sans musique

des pays qui fondaient comme un fruit dans la bouche

des étés haletants

des silences plus frais que neige

des êtres qui entraient en nous et qui sortaient

sans qu’on s’en rendît compte,

nourritures, paresses savantes, jus d’oiseaux

idiomes heureux, échanges,

de sorte qu’on était ce qui entrait en nous

parfois un cil, parfois un ange

parfois un baobab où la hache faisait

des blessures délicieuses

et quand, souvent, des femmes ou des sangsues roses

se collaient à nos corps

on éprouvait soudain la joie d’être mangé

et le délice affreux de devenir un autre.

 

Ces choses n’avaient ni commencement ni fin

cela ne finissait pas d’être

pas un trou, pas la moindre fissure

pas un visage lézardé !

les hommes se tenaient coude à coude, serrés,

comme pour empêcher qu’on y passe

pas une absence entre deux vagues

pas un ravin entre deux mots

pas un passage entre deux seins

lourds, gras,

et pourtant au travers de la muraille lisse

quelque chose suintait

l’écho ranci d’une fête étrange, une sueur de musique,

les gouttes d’un sang frais qui caillait aussitôt

 

sur la peau morte du monde.

 

Je n’ai jamais rien compris à ces mélanges

j’entrais et d’autres sortaient,

puis d’autres qui tournaient autour du crépuscule

ou se penchaient sur les saisons

et nul ne se doutait que ce n’était pas là

la terre ferme,

que l’océan n’était pas un jardin suspendu

j’entrais à tout instant dans la vie des autres

et j’oubliais de fermer les portes après moi

chacun portait en lui un monde doux et tendre

des coins où l’on était surpris par la douceur

je n’avais pas de nom, comment s’appelaient-ils ?

C’était si bon de ne pas avoir de figure,

si bon d’être poreux, ouvert,

qu’à l’heure de dormir chacun

se disait en rêvant : – que sera-t-elle encore

cette grande journée, sans dieu, du lendemain ?

 

 ******

Je ne suis pas le pilote

de ce bateau que les aubes ont lavé à grande eau –

et les soirs. Je n’ai pas

le droit de commander aux houles

ni mettre de côté

un peu d’écume pour mes vieux jours. Toutes ces autres

écumes, les mouettes,

obéissent à d’autres regards. Je n’ai pas,

voyageur toléré sur le pont, en partage

avec vous, que le droit d’être jeté dessus

le bord, à l’achevé du cycle. De ce droit

ce n’est pas mon dessein d’user. Je vous respecte

marins et vous pilote,

je vous serre la main, commandant. Sur ce pont

vous êtes tous chez vous. Oui, mais moi-même

je ne suis pas d’ici

et me laisse laver par les aubes. Je triche.

Je ne partage pas votre vie. Ma sueur

ne se joint pas à votre travail. Mon visage

est loin. Oui, mais le soir

sous la lampe j’exprime le jus de la journée

sous mon pressoir. Le temps est fini. On commence

un autre voyage. Mais là

nous voyageons ensemble

dans un poème dont je suis le pilote

en un temps, en un temps où il n’y a pas de temps.

****

N’est-il rien qui pût nous apaiser ?

un peu de neige aux lèvres des étoiles,

un peu de mort donnée en un baiser ?

 

Moi-même dans tout ça – Qui donc – moi-même ?

Fondane (Benjamin) Navigateur –

Il traverse à pied, pays, poèmes,

 

le tourbillon énorme d’hommes morts

penchés sur leur journal. La fin du monde

le retrouva, assis, dans le vieux port* –

jouant aux sorts.

 

Regarde-toi, Fondane Benjamin –

dans une glace. Les paupières lourdes.

Un homme parmi d’autres. Mort de faim.

 

1943

 

Cette petite fille est morte, adolescente,

à New York dans une clinique ouvrière,

qui mêle ses tresses aux miennes

sur une vieille passerelle qui seule a subsisté

d’un univers anéanti, quelle rue, quelle ville, quelle année ? située à peine par une odeur

de vieilles gens en train de devenir fantômes

– La Terre avec ses longs méridiens sur le dos

– tournait. Mais était-il vraiment de cette terre

qui tournait ce pays profond, moelleux

où nous nous avancions les yeux ouverts

séparés, confondus

dans ce falot fouillis de fées

qui grinçaient sous le poids de nos orteils légers ?

 

Était-il donc de cette terre ce pays évanoui

mangé par les fourmis, le vent

et dont je suis le seul voyageur revenu ?

 

Il vient sans être vu sur des chevaux de bois

le tremblement de terre

et nous entrâmes dans un continent nouveau

tant de rues tant de portes

on trouva l’un de nous dans les objets perdus.

 

Elle est morte du mal d’un drôle de pays

qui n’avait figuré jamais sur une carte.

Elle est morte, la tête tournée vers le Sud

l’adolescente – car la petite fille était morte

depuis longtemps. Elle s’appelait Caroline

 C’est un-nom-qui-n’dit-rien…

 

****

Un enfant est né

une femme est morte

Comme tu sanglotes

Méditerranée !

 

La mère a crié

le père a prié

le Temps est passé

à côté de l’heure.

De l’éternité

un enfant est né.

Quelle saison calme

dans l’esprit vaincu !..

Que suis-je, qu’es-tu

au bord d’une larme ?

****

J’avais crié mon nom en montant l’escalier

et maintenant que des portes s’ouvraient

à chaque étage, ou se refermaient devant moi

que je pouvais entrer partout

avec mon songe

ou avec d’autres clefs que je portais sur moi,

dans des appartements merveilleusement vides

des pièces habitées par des esprits dormants

ou dans d’autres encore toutes pleines de nus,

cette angoisse me revenait insupportable :

« Avait-elle entendu mon nom ? devinait-elle

pourquoi j’étais monté dans l’escalier ? à pas de loup

était-elle sortie en chemise de nuit

dans la rue, pour crier à qui voulait l’entendre

le merveilleux secret – que je n’avais pourtant confié à personne ? »

 

J’avais crié vers Toi. Ai-je crié trop fort ?

ou n’ai-je pas assez crié ? avec assez

de foi ? car le désastre tomba. Je le savais.

Il était enfoui en moi depuis longtemps

je le portais en moi. Je l’avais mûri

et maintenant il se détachait en moi comme un fruit mûr

le fruit réel d’une idée.

 

As-tu jeté un seul regard ? La route était

sous ton œil. J’y étais, bien sûr, sur cette route.

 

 

Villes

 

Le silence coula sur mes mains

c’était un orage de sable

la ville était pleine de sable

où donc étaient-ils les humains

j’avais beau courir dans le vide

suivi lentement de mes pas, le vide était plus plein

qu’une poitrine gonflée qui fait sauter les pressions,

le vide était si plein, j’avais si peur qu’il n’éclatât

que soudain j’ai pensé qu’il me fallait crier

ressusciter la vie

souhaiter le sifflet des bateaux, des sirènes d’usine

la rumeur des meetings, des fleuves de glace qui cassent

sous la poussée du printemps, les vitrines brisées des grèves générales, le bruit

strident des rémouleurs aiguisant les ciseaux, les couteaux, la criée des poissons dans les halles, les plaintes des marchands d’habits,

des rempailleurs de chaises, des pianos mécaniques et des musiques perforées.

Je vous appelais du fond terreux de mon angoisse

sonorités des étameurs, des camelots, ô chansons nasillardes

des marchandes de quatre-saisons qui font au printemps maladif

l’opération césarienne  -Et peu à peu je vis céder mon insomnie

mes oreilles bourdonnaient, une sorte d’âcre paix, une paix nauséeuse,

pénétra dans mon sang avec une vieille odeur de draps

et mon sommeil ouvert comme une bouche d’égout

buvait les cantiques pieux des machines à coudre,

 

le ronflement régulier des tuyaux de vidanges, le souffle léger de la vie qui monte et qui grince, ô poulie !

 

Le bruit de plus en plus fatigué de la vie.

 

Refus du poème

 

Les filles du chant sont venues :

–  » Veux-tu de nous ? Nous sommes nues,

nos lèvres sentent la lavande « …

 

– Je songe aux ravins de Finlande

où dorment des soldats de gel…

 

Les vierges de sel du poème

m’ont dit : –  » II est temps qu’on nous aime !

Nous sommes nues sous la peau. « 

 

– Je songe aux navires sous l’eau

noyés derrière les vitrines…

Les molles putains de mon songe

me crient : –  » Lâche pied et plonge,

que les poissons sont frais et muets ! « 

 

– Je songe aux forçats d’Allemagne :

ils sont maigres maigres sous le fouet…

 

Les douces mères du sommeil

me choient :  » Couche-toi ! Les orteils

dressés vers la pointe du somme.

La belle-au-bois qui dort dans l’homme

ne se nourrit que de baisers… « 

 

– Je songe aux énormes brasiers

qui brûlent autour de la terre…

 

La vieille édentée de la mort

m’a dit : –  » Chaque cheval a son mors.

Ton lot sur terre est la mort lente.

Que ça te déplaise ou non, chante !

Nul être n’a droit au merci…

À quoi penses-tu, ombre vague ? « 

 

– Ô très chère, je songe à Prague !

Je n’entends pas, je n’entends plus

les prières de ses synagogues…

 

(1943)

 

Tout à coup

 

J’étais en train

de lire un livre

quand tout à coup

je vis ma vitre

emplir son œil absent d’oiseaux légers et ivres

 

Oui, il neigeait.

La folle neige !

Elle tombait

tranquille et fraîche

dans le cœur tout troué comme un filet de pêche.

 

C’était si bon !

et j’étais ivre

de ces flocons

heureux de vivre

que ma main oublieuse, laissa tomber le livre !

 

En ai-je vu

neiger la neige

dans le cœur nu !

Ah Dieu ! Que n’ai-je

su garder dans mon cœur un peu de cette neige !

 

Toujours en train

de lire un livre !

Toujours en train

d’écrire un livre !

Et tout à coup la neige tranquille dans ma vitre

 

(1944)

 

C’est toute la douleur du monde

qui est venue s’asseoir à ma table

– et pouvais-je lui dire : Non ?

 

Je m’étais fait si petit,

une petite chenille, et j’ai éteint la lampe

– mais pouvais-je savoir qu’elle mûrissait dedans

et pouvais-je m’empêcher qu’elle sortît un jour,

une chanson entre ses ailes ?

 

J’ai dit à la douleur du monde

qui s’est couchée sous mon ventre :

N’ai-je pas assez de la mienne ?

 

Vois : j’ai ma propre soif !

On ne peut pas toujours demeurer une chenille

la terre m’est rugueuse au ventre

elle me fait mal votre terre

je suis né pour voler…

 

D’un bond je lui tournai le dos –

mais elle était déjà dans mon songe.

– Est-ce mon sang qu’elle voulait ?

 

J’ai dit la douleur du monde

– C’est une ruse, une sale ruse.

Voilà que tu chantes en t’en allant…

 

-Mais à ma place, dites, l’auriez-vous oubliée ?

 

(1944, Au temps du poème)


Élégie

 

Je me suis déchaussé pour entrer dans la maison

du passé, j’ai ouvert le piano aux dents jaunes

j’ai essayé ma voix comme un couteau cassé

 

ce n’est rien. Je vous dis que ce n’est rien. À peine

un souffle qui pourrait éteindre une bougie

un cœur usé qui craint les escaliers raidis

une main qui tâtonne pour trouver une clé

qui n’ouvre rien qui ne soit déjà ouvert depuis

longtemps, une molle jambe qui fait sur le tapis

des traces.


.
.

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Benjamin Fondane à l’avant-garde du cinéma

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