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Fabienne Courtade, poèmes

mai 16, 2012

[SANS TITRE]

Je reviens sur mes pas

Aussi fragile que dormir sur morceaux de verre
matelas de clous Dormir dans massif

Avec marques d’herbes
empreintes
sur les joues

La nuit tombée

Je me réveille en pleine nuit

Il n’y a plus aucune fleur
Les murs sont devant
Quelqu’un chuchote :

l’hiver tombé
l’été passé

Je jette tout dans un couloir

De cet endroit – bout du monde

J’enlève drap après drap
Je ramasse de la terre

humide comme dans les rêves


Les paupières sont collées

J’avance avec les yeux fermés

la lumière étincelle

Des heures après
Le fil
Se détache

De moi

la cire se défait

en miettes

lorsque je m’éveille

Les cils collés
Que l’on rince

Le monde tremble sans bruit

Une porte claque :
Je garde les yeux fermés

Je ne dois rien vous dire – des choses passantes
Et rapides
Et ce que je dis est d’une extrême légèreté

Au matin
Je frôle ses paupières

Maintenant j’appuie sur sa bouche

Des phrases passent
Et son corps

C’est moi qui fournis les éblouissements

J’ai exactement le corps
Entre les mains

Avec les orties

Le visage est de travers
Et la lumière
N’éclaire plus

Mais les mains fuient
Je les rattrape

Je fais un geste immédiat Je les pose sur la tête
Toujours

Pour m’élever

Avec les orties
Partout dans les terres

Fabienne Courtade
Textes inédits (février 2010) pour Terres de femmes (D.R.)


Extraits

suffoquer prendre cette douleur
délicieuse douceur attendre
regarde passer

je voulais t’avaler, je te regarde, je
n’en reviens pas j’y reviens pourtant je
viens
regarde

avale
perds
un peu de sueur bord
des lèvres si douces évidentes s’y
noyer
avec
champs de bataille même
sous
dessous moins que
rien au-dessous de
moins que rien
fermer avec mots inscrits sur papier : mots d’amour – écrit-il
/ sans/
ce sont mots derniers, sur billet de banque combien
je coûte ( rien je
ne
coûte rien

***

le corps est de dos
nous sommes dos à dos
j’avance

28 juin de l’année précédente

quelqu’un dit violence noire
sombre
poudrée
point de douceur, un peu de couleurs

sorti des ruines se déplace aussi

ciel gris je ne vois pas
même en ouvrant

le corps des aveugles
avec de petits saignements

alors nous allons en somnambules sont allées de somnambules

sa main se pose juste au-dessus de ma tête
sorte de battement d’ailes

il s’éloigne très vite

la lumière de la fenêtre
se déplace lentement

on ne voit plus
que poussières, débris de peau

Parfois du bleu en ruine

F. Courtade / Espace Liberté et les éditions Les Ennemis de Paterne Berrichon


extrait de Il reste

.
murmure des mots très éloignés
j’avance de grandes étendues sont devant des silences
tournent
continuent

je parlerai sans voir

je fais des détours encore, je m’éloigne je (le) vois
il
je ne sais la ténèbre, je ferme toutes choses avant

quels mots alors quels gestes

la scène brille toujours

en bas

sans aucune partition

.
.

extraits de Ciel inversé 1

.
Ciels
pour s’en nourrir

il lui fallait attendre

aurore
ciel inconnu
aube soudaine

sans lequel la lumière
éclate
et tue

***

Infime espoir
là, où le soir se pose

ciel noir pâli
les roches
autour desquelles tourne
ciel noir incendié
face à la terre

Au début était la douleur

***

Songe
Quel songe

comme la seule présence qui nous soit

fissure, neige

poussières roulent
sous les doigts

sous ce ciel
terre
et de longs jets
brun – pourpre

.
.
Un entretien sur remue.net

Un entretien sur le matricule des anges


.
.

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