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Walter Helmut Fritz, poèmes

mai 3, 2012

Source : Poezibao


Quel salut

Surgit dans le jardin
frémissant et apaisé d’obscurité
quel salut
aux écarlates panicules

un pied d’alouette, désigne
et dérobe ce qu’il est,
et qu’il promet, à présent
et à jamais

Was für ein Gruss

In dem von Dunkelheit
erregten und beruhigten Garten
taucht, was für ein Gruss,
mit scharlachroten Rispen

ein Rittersporn auf, zeigt
und verbirgt, was er ist,
was er verspricht, jetzt
und für immer.

.
.

Cette libellule

légère en son vol
sur la clairière,
flèche vive, tout à tour
vers le haut, vers le bas,
à la lisière de l’étang

transparentes ses ailes,
frêle sa taille
frémissante et fébrile,
s’ouvrant à l’aube,
au soleil grandissant

cette libellule,
ce fut toi, aujourd’hui.
Je rêvais, je te vis,
une plume, une lueur,
une flamme, un don.

Diese Libelle

im leichten Flug
über der Lichtung,
pfeilschnell wechselnd
zur Höhe, zur Tiefe
am Rande des Weihers

mit durchsichtigen Flügeln,
mit schlanken Leib
zitternd und schwirrend,
sich öffnend der Frühe,
der wachsenden Sonne

diese Libelle
bist du heute gewesen.
Ich träumte, ich sah dich,
eine Feder, einen Schimmer,
eine Flamme, ein Geschenk.

.
.

Soliloque

A Paris Hubert Robert peint
la démolition des maisons
sur le pont Notre-Dame

fait se lever la poussière
et sur l’eau
les chalands à l’ancre

se bercer, sur la rive
les gens faire la lessive,
lancer l’hameçon, passer le temps –

chronique de la ville,
amateur de ruines,
à présent en soliloque

lié à la toile,
fiévreux, moi spectral,
étranger à soi-même.

Im Selbstgespräch

In Paris malt Hubert Robert
den Abbruch der Häuser
auf dem Pont Notre-Dame

läßt Staub aufsteigen
und auf dem Wasser
die verankerten Lastkähne

sich wiegen, am Ufer
die Menschen wachsen,
angeln, die Zeit vertreiben –

ein Chronist der Stadt,
Liebhaber von Ruinen,
jetzt im Selbstgespräch

verbunden der Leinwand,
fiebernd, ein Schatten-Ich,
sich selbst fremd.

.
.

Walter Helmut Fritz, Cortège de masques, traduit de l’allemand par Adrien Finck, Maryse Staiber, Claude Vigée, édition bilingue, coll. D’une voix l’autre, Cheyne Éditeur, 2004 pp. 39 (traduction de Maryse Staiber), 53 et 63 (traductions de Claude Vigée)

LE TOIT AU-DESSUS DE LA TETE

Toujours à la recherche
du toit au-dessus de la tête
– une entrée, un escalier,
quelques pièces –
mais existe-t-il ?
Peut-être n’existe-t-il pas,
peut-être n’existe en fait
que le toit de nos rêves.

DAS DACH ÜBERM KOPF

Immer auf der Suche
nach dem Dach überm Kopf
– ein Eingang, eine Treppe,
einige Räume –
aber gibt es das ?
Vielleicht gibt es das nicht,
vielleicht gibt es tatsächlich
nur das Dach unserer Träume.

Walter Helmut Fritz, in Werkzeuge der Freiheit, traduction inédite de Laurent Margantin LM

EQUATION

Équation incertaine entre ce qui aurait été
possible et ce que nous avons raté;
entre ce que nous avons rêvé et ce que
nous avons vu; entre ce qui vit et ce que
la vie simule; entre les choses
qui disparaissent et la résonance que
crée leur absence; entre le mot et
son sens opposé; entre ce que nous faisons
et ce dont nous nous détournons.

GLEICHUNG

Ungewisse Gleichung zwischen dem, was möglich
gewesen wäre, und dem, was wir versäumten;
zwischen dem, was wir träumten, und dem, was
wir sahen; zwischen dem, was lebt, und dem,
was Leben simuliert; zwischen den Dingen,
die entschwinden, und der Resonanz, die ihre
Abwesenheit schafft; zwischen dem Wort und
seinem Gegensinn; zwischen dem, was wir tun,
und dem, wovon wir absehen.

Walter Helmut Fritz, 1967-69 (éditions des oeuvres complètes, vol.I), traduction inédite de Laurent Margantin


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