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Edith Azam poèmes

avril 14, 2012

Source : Poezibao


Extrait de LéTIKA KLINIK aux éditions Dernier Télégramme
Moi

Moi

Je fais du vélo dans ma tête.

Je fais du vélo dedans moi,

Je pédale à toute vitesse

Je pédale et j’avance pas.

J’ai raconté tout ça à Psychiatre :

Dans moi je fais du pédalo,

Et puis aussi, la canne à pêche.

Elle m’écoutait dans ses yeux mer…

Je fais ce que je veux d’aBBBord !

Et pas ce que je sais pas faire.

Ce que je sais pas faire c’est quoi ?

Ben si j’savais ben j’saurais l’faire !

Elle a hoché la tête, Psychiatre.

Mais moi ma tête elle sait pas

Elle tourne à plat

Elle tête à tête.

Alors je fais face à ma tête,

Et comme je sais pas quoi lui dire

Ben dedans, je fais du vélo !

Elle a souri Psychiatre

Et hop ! Une bulle !

Le cerceau de fer.
Cycle indéterminé, le cerceau de fer –

 

Quand le silence obstrue
les sens –
Paramètres :

UN : L’horizontal du front.

DEUX : Taillader les énigmes et fourrager le ciel.
Liquide obscur : C’est rouge –
Du rouge sur les mains –

TROIS : la cicatrice du regard appuie sur les limites –

QUATRE : le cerceau de fer, NON,
QUATRE : Oblitérer l’exactitude, parfaire les écarts et –
DIABOLIQUE –
Diabolique cyclique réitère la forme engendre les écarts –

CINQ : Hystérie du foute. ça calque : STACK –
Puis …
Puis SIX – Se déplie l’incise.
Précision lancinante, l’absorption du détail élargit la fracture.

SEPT : Aiguiser les contours –
L’oscillation du verbe et la gangue du geste :
L’approximation circonscrit –

HUIT : le cerceau de fer, cycle indéterminé, le cerceau de fer –

NEUF : Quand le silence obstrue les sens : DIX, le compas démesure.
 

Edith Azam, poème inédit de Rupture, in Le Frisson
Esthétique, n° 2, automne 2006, p. 41.

Ja dis hiiièr : « Mes
peurs de pas nyarriver. ». Aujourd’huuui, ja nessaillé de pas avoir la
pensitude de ça davan Karpianon. Ja même fait dans ma Tê… dans ma Tê-teu la
procéduration inverse. Durant toute la journance, ja ma suis fisKée de les
XXXerCiCes un peu plus pas-falciles, avecK l’ojbectif de rester dans le clalme
quand ja farai pas la réussite. Pour garder la calmance, ja me suis dit que
comme la Klompication elle atait ogmantitée, le ratage il atait très
normalement-normal Kil viende et que ja davais pas trop me gronder face à mes
imparfaitements. Cé quoi les choses plus Klompliquées que ja faites ? Cé
que sur le Khiiié ja écrit les nnnotes Ki volent et Kelles sont même pas dans
les lignations ces nnnotes. Alors, à la débutation, rien que de les zacrire, de
les zaccrire rien que, ça me fazait BoKou de la difficulté. Java du mal à
rester dans la cadrance de la page, les nnnnotes, elles fazaient un peu comme
les Hoizo quand ils volent avec libertance. Oui, à cause de mon maginaire il
est plus fort que moi, java plus la fixité des choses, et les nnnotes elles se
deviendaient en Hoizo, et les lignations j’en fazais des HHarbres ou des
nuageries. Ca m’a fait un drôle de dessin. A la débutation-du-début, java Klomplètement
oublié que ja voulavais KKKraVVailler la zécriture de la mmmuzzzique. Mon
maginaire il mava fait transformer mon volonté, il ava pluvérisé ma volontance
de cadrance.

 

Edith Azam, Mercure, Éditions Castells, 2007, p. 77

Tout Tom tout seul

(extraits)

 

 

Tom. Tom tout seul.
En boule, électrisé. Tom ses mains, ses mains l’ont reconnu. Le corps a reconnu
son nom. Mais Tom toujours, toujours mémoire : Partie. Ne sait plus
toujours rien Tom. Aucun accès fichiers mémoire. A ses poignets la ligne juste,
le juste ligne : Couteau / Mémoire.

 

Tom, toute la mémoire dans le corps, tout Tom rouler en
boule, respire lentement. Essaie de défiger les choses. Essaie de trouver
sensation pour rétablir contact au monde. Tom, tout Tom du bout des doigts s’approche
pas à pas de lui-même, caresses sur visage, respire lentement, respire.

 

Tout Tom le corps, le corps de Tom, l’entier du corps de Tom
revient. Tom chaud, trop chaud. Sa peau même, il croit qu’elle brûle. Et dans
sa tête, pareil : Ça brûle.

 

Tout Tom tout seul
va vers fenêtre. Regarde seul, entre barreaux. Avec les mains, il s’y agrippe,
sans violence. Il se cramponne fort. Fort tellement, qu’au milieu, dans les
mains, sur les lignes, ça fait mal, ça cuit.

 

Accroché aux barreaux : C’est comme ça qu’il prie Tom,
avec les yeux remplis de grillage. Et c’est comme ça qu’il est tout le temps :
À prier, lèvres ouvertes, comme pour la pluie, la gober comme avant. A prier
souffle court, narines dilates, Tom : animal sauvage.

 

A l’horizon : Rien, ciel sur grillage. Mains sur
barreaux, sel sur fissure : la ligne juste.
[…]

 

Edith Azam, Tout Tom tout
seul
, in lgo / Le Grand Os, n° 1, juin 2007, p. 73


Le blog d’Edith Azam
sur le
site libr.critique
avec extraits
de lecture publique

sur le site de Claude Chambard
sur
le site d’inventaire/invention

Edith Azam est née en 1973. Elle a fait des études de lettres modernes et en sciences de l’éducation. Elle abandonne très vite l’enseignement pour se consacrer à l’écriture et faire des lectures publiques, notamment à Lodève, Limoux, Carcassonne, Valleraugues, Paris, Pau… Elle est soutenue dans son travail par Julien Blaine et Charles Pennequin, ainsi que par Laurent Cauwet (éditions Al Dante). Elle travaille souvent en binôme, essentiellement d’écriture (avec Sophie Namer et Victor Mocci-Mazy ou avec Charles Pennequin), mais aussi avec la chorégraphe Muriel Piqué.

Bibliographie

Livres Parus
– Un objet silencieux, (Décembre 2005) : Au Suc et l’absinthe. Ecriture à quatre mains avec Valérie Schlee.
– Support musique (Mars 2006) : Enregistrement de la soirée lectures-performances du 8 Mars 2006 à la Galerie Olga, à Limoges, avec : Marek (musique électronique) et Fabrice Caravaca, Sylvain Courtoux et Jérôme Bertin, Edith Azam, Charles Pennequin. Edition Dernier Télégramme.
– Opium le ciel, et le vent : jaune (Novembre 2006) : Au Suc et l’absinthe. Recueil de poèmes. Livre objet.
– Mercure (Janvier 2007) : Editions Castells. Intégralité du roman signalé ci-dessus. Préface de Julien BLaine.
– Letika Klinik (Janvier 2007) : Editions Dernier Télégramme.
– Epopée tendre d’une expérience clinique. Préface de Claude Chambard.
– CD : Avril 2007. Lecture de Létika Klinik (extrait 20mn) au Dernier Télégramme.
– L’Echarpe douce aux yeux de soie (Juillet 2007) : Nouvelle éditée à l’Atelier de l’agneau. 2007.
– Tiphasme est phasme (2007) : Editions Inventaire/Invention
– Amor arricade amor AMOR (2008) : Editions Atelier de l’agneau
– Rupture (2009) : Editions Dernier télégramme.
– Caillou (Novembre 2008) : Les éditions du soir au matin.
– Toi mon Aede (Avril 2009): Livre d’artistes, photographie Tierry Azam, gravures Anne-France Frére.
– Le mot il est sorti, Al Dante, 2010
– Soleil-Oeil Crépu, Dernier Télégramme, 2010
– Mercure, Al Dante, 2012

Nombreuses lectures, résidences et festivals dans diverses villes de France, de Suisse, de Tunisie, du Québec, de Belgique. Divers projets artistiques en collaboration avec des chorégraphes (Compagnie Comme ça, dirigée par Muriel Piquet à Montpellier), musiciens (Eric Diot, Patrice Soletti, Jesus Aurel). Pièce radiophonique mise en place par Pascale Tison pour la Radio Télévision Belge Francophone, « L’IMPAIRE », en collaboration avec Eric Clémens. Préparation d’une performance et exposition de dessins au Centre Beaubourg, à Paris, en novembre 2009.


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