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Alain Veinstein, Corps en dessous,

avril 9, 2012


Alain Veinstein, Corps en dessous, Clivages, 1979, p. 7

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Un enfant,
par accident,
livré
dans la rage de la guerre.

Ça commence bien.

Sa vie de toute façon…

De toute façon sa vie,
c’était écrit :
jour après jour un survivant
penché sur la nuit
où se rompt la splendeur.

l’enfance par grand froid

Dehors, la neige
s’amassait contre la vitre,
baignait la pièce
d’une lumière grise
avant que l’obscurité parût
céder en un point,
blanchir
un peu de lumière.
Lumière
est le premier mot
qu’il apprit à écrire
quand il crut combattre la violence
des jours sans lumière

Pas de lueur visible
pendant toutes ces années
dans le ciel strié de suie.
Rien d’autre à entendre
que des cris
longs comme la nuit.
L’enfant baignait
dans une eau noirâtre
qui n’arrêtait pas de courir
comme un cheval emballé
fuyant au hasard,
galopant comme le feu.
Il finissait par courir lui aussi –
il appelait cela danser –
sur la ligne de retraite
qu’à peine droit sur ses jambes
il s’était tracée

Alain Veinstein, Le développement des lignes, Le Seuil, 2009, pp. 11, 12 et 13


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